Quelles ont été les grandes étapes qui ont jalonné le lancement de l’activité ?
En Gwemon est parti de mon projet d’étude avec comme volonté de valoriser une ressource locale en matériau pour le design et l’architecture. J’ai débuté le projet en juin 2023 et après 6 mois d’essai, les premiers résultats concluants de matériau sont apparus. Suite à la validation de mon diplome, et voyant l’intérêt grandissant de la part des architectes, agenceurs et designers, j’ai décidé de mener ce projet de d’étude en création d’entreprise.
En septembre 2024 je me suis donc lancé dans le développement de Gwëmon à plus grande échelle. Il fallait tout mettre en place. Continuer la R&D pour aboutir à un matériau commercialisable, mettre en place l’atelier, développer l’offre correspondant aux attentes du marché…
Aujourd’hui la société Gwëmon est créée, commercialisant le premier matériau en algues, sans colle ni résine synthétique, et fabriqué grâce à un procédé low-tech.La gamme Gwëmon s’étend du parement mural, aux détails d’agencement (Boutons, poignées…) en passant par le sur mesure, étant donné que le matériau se travaille comme du bois.
Gwëmon s’adresse aux architectes, designers et agenceurs souhaitant intégrer des matériaux uniques, écologiques et durables dans leurs projets afin de se différencier tout en prenant en compte les enjeux écologiques de demain.
Le positionnement low tech et approvisionnement en matières premières locales est-il un argument différenciant pour tes clients potentiels ?




Le positionnement low-tech est un argument de vente pour nous aujourd’hui. Cependant le critère n°1 de notre marché reste toujours l’aspect esthétique et économique du produit. Il faut au maximum se baser et se référer aux standards du marché tout en gardant nos ambitions et nos valeurs, ce qui n’est pas le plus simple.
Pour l’approvisionnement local, c’est un argument sur certains projets. Mais ici aussi c’est une volonté de notre part de valoriser une ressource locale pour montrer le potentiel des ressources marines bretonnes, et également diminuer aux maximum notre impact carbone. Mais dans les années à venir cela peut être un avantage de plus en plus intéressant et différenciant.
Accompagnement local, tests sur les matériaux... à quelles portes es-tu allé frapper pour challenger ton approche ?
Dès les premiers instants plusieurs acteurs m’ont accompagné. Les premiers sont Malàkio, une entreprise Nantaise (Ex-finistérienne) ayant développé et commercialisé le premier matériau minéral en coquillages recyclés pour en faire des plateaux de tables, plan de travail, produits déco… aujourd’hui ils m’accompagnent dans le développement de Gwëmon sur les parties commerciales, financières et aussi comme apport d’expérience.
Le Technopôle Brest Iroise m’a également accompagné dès le début sur différents aspects :
– Recherches de financements
– Challenge sur le business model
– Accompagnement régulier
Enfin, j’ai aussi pu intégrer l’ENSTARTUPS (incubateur brestois) pour avoir accès à leur expertise matériau ainsi qu’à leur parc machine pour les essais techniques. Ce réseau de proximité a été précieux pour concrétiser mes choix techniques.
Quels conseils donnerais-tu aux jeunes porteurs de projets qui se lancent sur des projets à impact ?
Les conseils que j’aurais aimé avoir quand je me suis lancé et ce que j’ai appris sont :
1 – S’entourer de personnes sur différents sujets (Commerciaux, financiers, juridiques) et se faire accompagner.
2 – Challenger son offre et son projet dès le début, et ne pas avoir peur d’aller confronter au marché, c’est le meilleur moyen d’arriver à un business model viable.
3 – Apprendre à se connaitre, comment on travaille, nos forces et nos faiblesses pour pouvoir adapter nos modes de travail pour être efficace
4 – Prioriser les tâches. Concentrer 80% de son temps sur les taches à forte valeur ajoutée pour le développement de son projet.