Femmes de la French Tech – Morgane Rousselot

Rencontre avec Morgane Rousselot, présidente & CEO de SeaBeLife Biotech.

La Mission French Tech et son réseau des Capitales et Communautés French Tech se mobilisent pour mettre en lumière les femmes qui, partout en France et dans le monde, font la French Tech.

Parce qu’elles sont encore trop peu visibles, et que plus elles le seront, plus elles inspireront d’autres talents à les rejoindre, nous donnons la parole à celles qui transforment l’écosystème numérique. 📢

✨ Quel a été ton déclic French Tech ?

Après une thèse obtenue en 2006, j’ai cofondé et développé pendant 9 ans Hemarina, une société bretonne innovante spécialisée dans les transporteurs d’oxygène thérapeutiques d’origine marine.

Curieuse de découvrir d’autres approches, j’ai ensuite rejoint Tolerys, une biotech suisse spécialisée en immunothérapie, en tant que vice-présidente qualité et opérations. Mais la science de terrain, la recherche de rupture, me manquait profondément.

En 2019, de retour en Bretagne, j’ai cofondé SeaBeLife, une biotech qui développe des candidats-médicaments ciblant des formes régulées de mort cellulaire, comme la nécroptose ou la ferroptose, afin de protéger ou régénérer les organes affectés par des pathologies graves. Nous concentrons aujourd’hui nos efforts sur deux axes : les maladies du foie, comme les hépatites aiguës sévères,
et les pathologies dégénératives de la rétine,
notamment la DMLA sèche.

✨ La chose dont tu es la plus fière ?

Nos récents résultats précliniques dans l’atrophie géographique (forme sévère de DMLA sèche) sont une avancée majeure pour SeaBeLife.

Nous avons développé une molécule, SBL03, formulée en gel ophtalmique non invasif, capable de freiner de façon significative la progression de la maladie dans des modèles in vivo.

À ce jour, il n’existe aucun traitement efficace pour cette pathologie en Europe. Ces résultats sont porteurs d’espoir pour des millions de patients. Nous préparons activement les prochaines étapes vers la clinique.

✨ Ton objectif professionnel le plus fou ?

Mon ambition, partagée avec mon équipe, est de démontrer cliniquement que nos molécules peuvent changer le cours de maladies graves. Et qu’une biotech française issue d’un savoir-faire académique local peut aller jusqu’au patient.

Voir nos innovations sortir du laboratoire, être testées avec succès en clinique, puis mises à disposition de ceux qui en ont besoin : c’est à la fois un objectif scientifique, entrepreneurial et profondément humain.

✨ Si tu pouvais revenir en arrière, est-ce qu’il y a quelque chose que tu ferais différemment ?

Avec le recul, j’aurais accordé plus d’importance à la stratégie de communication scientifique et d’influence dès les premières années de SeaBeLife.

Être pionnier, c’est aussi savoir convaincre vite et fort. Il m’a fallu du temps pour comprendre que ce qui est évident pour nous – la pertinence d’un mécanisme d’action, la force d’un modèle – ne l’est pas toujours pour les investisseurs ou partenaires.

Aujourd’hui, j’ai appris à structurer les messages sans jamais trahir la complexité de la science.

✨ Quelles sont les femmes qui t’inspirent ?

Je suis entourée de femmes scientifiques remarquables, et ce sont elles qui m’inspirent le plus au quotidien.

En particulier les deux cofondatrices scientifiques de SeaBeLife : Marie-Thérèse Dimanche Boitrel, directrice de recherche à l’IRSET, et Claire Delehouzé, notre directrice scientifique. Leur vision, leur rigueur et leur ténacité ont permis de révéler le mécanisme d’action unique de nos molécules, à la fois inhibiteur de nécroptose et de ferroptose.

Ce sont des chercheuses de haut niveau et des femmes engagées, qui montrent que science d’excellence et impact sociétal peuvent aller de pair.

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