Retrouvez Morgan Diverrez et François Poulmarc’h, cofondateurs de Nijal AI, startup basée à Brest, qui nous en disent plus sur Aël, leur studio de création d’agents IA pour les PME et ETI. Vous les avez déjà surement croisé lors des AI Days. Aujourd’hui ils se prêtent au jeu et ont accepté de répondre à nos questions.
Comment est née l’idée de Nijal AI, et quel est votre positionnement actuel ?
Nijal AI est né d’un constat de terrain. En travaillant avec Morgan sur le déploiement d’une solution d’IA générative au sein d’un grand groupe bancaire brestois, nous avons été confrontés à de nombreuses contraintes : techniques, légales, réglementaires. Ce projet nous a amenés à une question simple : si un grand groupe, avec ses moyens et son expertise, rencontre déjà ces difficultés, comment les PME et ETI, confrontées aux mêmes besoins (recherche documentaire interne, automatisation et simplification de la gestion des mails clients, etc.) mais sans accompagnement dédié, sans compétences internes ni budgets conséquents, pourraient-elles tirer parti du potentiel de l’IA générative au quotidien ?
Nous avons d’abord proposé notre expertise à ces entreprises. Très vite, nous avons constaté la nécessité de disposer d’un socle technique commun pour répondre efficacement et rapidement à leurs besoins. Ce socle est devenu Aël : un produit pensé pour les équipes opérationnelles des PME et ETI, conçu pour être simple d’usage, pragmatique, agnostique et souverain, au service de leurs métiers.
Quelle est votre offre, et à qui se destine-t-elle ?
Aël est le studio de création d’agents IA de Nijal AI, conçu pour s’intégrer facilement au système d’information des entreprises. En quelques échanges et quelques clics, chaque utilisateur peut créer son propre agent, le connecter à ses outils (messagerie, agenda, documentation interne, CRM, ERP, bases métiers) et commencer à dialoguer avec l’ensemble de ces données.
L’offre s’adresse aux services opérationnels de l’entreprise : RH, comptabilité, commerce, autrement dit aux fonctions supports au cœur du quotidien des organisations. Aël est disponible en mode SaaS, via des partenaires cloud souverains français ou européens, dans le respect strict du RGPD et de l’AI Act. Une version on-premise existe également, déployable sur l’infrastructure GPU de l’entreprise ou intégrée à un mini-PC embarquant les modèles d’IA.
Quelle est votre vision du marché, des tendances de l’IA, et un mot sur l’écosystème local ?
Le marché de l’IA évolue à un rythme soutenu. Les entreprises ont largement engagé leur transformation, mais cette dynamique reste encore trop rarement orientée vers les équipes opérationnelles. Le contexte est par ailleurs marqué par une forte concurrence économique et une réelle incertitude sur la pérennité des offres actuelles : les principaux fournisseurs sont soit américains (avec une dépendance importante aux décisions d’accès et de disponibilité prises outre-Atlantique, comme l’a récemment illustré la restriction d’accès au modèle Fable d’Anthropic/Claude aux seuls États-Unis) soit chinois, avec des interrogations sur l’usage des données et le respect des engagements contractuels.
Dans ce contexte, l’Europe a une carte majeure à jouer pour renforcer sa souveraineté numérique et son indépendance dans l’usage de l’IA.
Sur le plan local, l’écosystème breton tel que la French Tech Brest Bretagne Ouest , le Technopole, le Pôle Images et Réseaux, l’EDIH Bretagne, tous nous accompagne depuis nos débuts, avec une visibilité forte : invitations à des salons (IA Summit, FEB,…), présence et mise en avant lors d’événements locaux (AI Days, Ticket To Pitch...). Cet accompagnement contribue significativement à notre notoriété et à nos mises en relation.